Haku et Nessing, un an et demi plus tard…La nécessité d'une école !

Haku et Nessing sont deux villages proches de la région touristique du Langtang , qui ont été complètement détruits lors du tremblement de terre de 2014. Cinq semaines après la catastrophe, nous étions les premiers à apporter les secours vitaux indispensables et nous commencions la reconstruction en procurant des classes et des habitations provisoires.

En décembre 2015, j’y suis retournée avec Ngawa Tamang, un jeune ami, guide de montagne, que je connais depuis plus de vingt ans. Il est originaire de Haku et parle le Tamang, la langue locale proche du Tibétain. Converser avec les villageois en Népalais est difficile. Il m’était donc d’un grand secours.

Nous avons visité d’abord Nessing, qui se trouve le plus près de la route. Il reste quand même 3 heures de marche ! Ici la plupart des villageois ont utilisé les constructions en kit que nous leur avions procurées. Ils ont d’abord ancré au sol les montants en acier et y ont déposé la toiture. Restait à combler les murs en employant du matériau trouvé sur place : du bois et des panneaux en zinc récupérés après le tremblement de terre. Certaines maisons étaient très joliment parachevées et cela malgré le fait qu’elles ne sont que provisoires. D’autres étaient nettement plus simples, le peu de moyens financiers en étaient sûrement la cause.
J’ai passé la nuit dans une de ces maisons, petites mais prévues pour résister aux secousses telluriques. Et le matin un petit tremblement de terre nous secouait mais prouvait que nous étions vraiment en sécurité !

Les gens de Nessing nous ont remerciés chaleureusement pour toute l’aide fournie. Etonnant car dans une communauté Tamang les sentiments sont rarement extériorisés avec exubérance.



Election nouveau conseil scolaire à Nessing

Ce jour-là, le EDO (Education District Officer) était arrivé au village. Il est responsable pour tout ce qui concerne l’enseignement dans cette région. Il s’est déplacé pour la constitution du nouveau conseil d’école, renouvelé tous les deux ans.
Après le chant de l’hymne national et après avoir insisté sur l’importance d’une scolarité de qualité, on est passé à l’élection proprement dite. On termina en choisissant un nouveau président. L’ancien et le nouveau furent littéralement ensevelis sous les katas (foulards de prière). Huit membres constitueront le Comité de Direction, quatre hommes et quatre femmes, du 50/50 !

J’avais l’occasion de m’adresser à la communauté villageoise. J’ai félicité les gens qui avaient bien employé leur kit de construction et encouragé les quelques rares retardataires à terminer leurs travaux au plus vite.

L’année passée nous avions espéré pouvoir aider les 36 ménages restants en leur donnant une maison provisoire mais nous n’avons hélas pas pu réaliser ce projet. Le gouvernement et les instances locales ne collaborent pas du tout et on nous a baladés d’un bureau à l’autre. Cette même semaine, nous avions fait une dernière tentative, en vain. J’en ai informé les habitants. Ils comprenaient la situation, c’était du « déjà vu ».

Ils décidaient de renoncer à l’aide individuelle et exprimaient unanimement le désir de faire quelque chose pour la communauté. Ils auraient aimé avoir une nouvelle école pour les 66 enfants du village, toujours logés dans une bâtisse provisoire.
Je n’ai pas fait de promesses formelles mais me proposais d’examiner ce qui était possible de mettre en chantier. La communauté quant à elle confirmait qu’elle pourrait participer à l’effort en assumant le transport des matériaux (de la route au village) et en aidant à la construction.

Le EDO précisait encore que pour les 5 prochaines années il n’y aura pas d’argent pour la construction d’écoles dans la région. J’ai quand même quitté Nessing avec un sentiment d’espoir, escortée et saluée par de nombreuses personnes qui m’ont suppliée de ne surtout pas les oublier.


Je suis allée à Dhunche afin de récolter davantage d’informations. J’y ai rencontré les gens de l’ONG LACCOS (Langtang Area Conservation Concern Society) qui veulent bien nous aider pour la construction de l’école. Les premiers projets ont été élaborés, la communauté locale a été invitée, on a fait appel à un architecte qui a été envoyé à Nessing et les différentes possibilités ont été examinées. Le projet est sur les rails, espérons que le but soit atteint.

Nessing a exprimé un souhait et je veux m’investir pour le réaliser. Et pourquoi ne pas rêver ensemble : « Bâtissons cette école à Nessing ! ».

Après Nessing j’ai visité Sano Haku. Là aussi la reconstruction du village était en cours.

J’ai poursuivi mon périple vers Haku, le village où tout a commencé. Ici la reconstruction se fait plus lentement car les circonstances y sont encore plus difficiles.
Haku est le village le plus éloigné de la route et les dénivelés pour y accéder sont très importants. Les habitants de Haku avaient besoin d’une aide complémentaire afin de rendre leurs maisons préfabriquées antisismiques. Au mois de novembre, nous avions livré des panneaux en zinc que les habitants portent un par un, de la route au village, un chemin long et difficile. Certains avaient déjà réussi à bâtir une maison solide, d’autres venaient à peine de débuter les travaux. Quand tout sera terminé, 27 familles seront logées dans une habitation, certes provisoire, mais sûre. Les 4 classes provisoires que nous avions fait construire durant l’été 2015 sont toujours employées. Ici aussi une école convenable s’impose.

Ce jour-là eut lieu à Haku l’élection du nouveau comité scolaire. Purna, le président sortant fut réélu et en tant qu’invitée d’honneur, je recevais un tas de katas. Ici également, le comité scolaire espérait une solution rapide pour l’école mais ici non plus je n’ai rien promis. J’espère seulement, ensemble avec la communauté Tamang qui me tient tant à cœur, qu’une solution durable puisse être trouvée. Avec mon sac à dos plein d’idées, de questions, de souhaits et surtout d’espoir, j’ai quitté Haku pour Dhunche. Ce fut ensuite le retour en Belgique.

Cela avait commencé par un rêve, un vœu mais maintenant le vrai travail commence. Nous commençons par l’école de Nessing … Il nous faut l’aide de la communauté locale mais VOTRE AIDE sera à nouveau nécessaire et indispensable.

Pour réaliser ce rêve, toute aide financière est la bienvenue.
Soutenez BIKAS en virant votre don au BE 32 2200 7878 0002 avec la mention HAKU.

NAMASTE

Betty Moureaux