[FR] D’école à école - Schooling in the Monsoon

CEPP, le Centre for Educational Policies and Practices est une ONG népalaise consacrée à l’amélioration de l’éducation dans les écoles publiques dans les zones rurales. Quand les villes sont proches, les parents népalais de plus en plus envoient leurs enfants dans des écoles privées (parfois coûteuses). Cette évolution est également visible dans la campagne.
Les parents ont perdu confiance dans les écoles publiques. Ces écoles fournissent une éducation gratuite, mais sont confrontés à plusieurs problèmes: les professeurs ne viennent pas toujours, les enfants vont seulement à l’école si leur travail peut être manqué dans les champs, la qualité de l’éducation offerte est trop faible.

Cependant, le gouvernement investit dans ces écoles et l’enseignement y pourrait être amélioré avec des mesures «bon marché». À cette fin, l’effort de tous les acteurs: les parents, les enseignants, la communauté locale, les enfants ... est requis. CEPP est actif dans ce domaine. CEPP veut revaloriser le métier d’enseignant, motiver les enseignants, rendre les parents conscients de l’importance de l’éducation, améliorer la qualité des leçons, mettre les enfants au centre des efforts pédagogiques. En même temps, l’organisation veut influencer la politique autour de l’éducation à travers le Népal.

Le reportage photo «Schooling in the Monsoon» nous a été envoyé par CEPP. Les photos ont été prises par l’initiateur Teeka Bhattarai
et d’autres employés de CEPP.

Les légendes des photos ont été écrites en collaboration avec Teeka.






La zone de travail du CEPP, le Centre for Educational Policies and Practices


CEPP opère dans 33 écoles dans le triangle formé par Sindhuli, Makwanpur et Rautahat Districts (Simara) dans le Terai intérieur, la frontière entre les plaines et les Middle Hills. La zone se situe au sud de Kathmandu et au nord de l’Autoroute Est-Ouest, la principale autoroute dans le sud du Népal. Elle est traversée par la rivière Bagmati et ses affluents, mais la région est isolée et défavorisée. Les enfants dans les écoles appartiennent à des minorités ethniques Rai, Tamang et Pahari.




Les plus petits enfants ne peuvent pas traverse la rivière
Leur maman ou papa ou quelqu’un de l’école vont les amener à l’école ou à la maison..





Cartable ?



Tout le monde n’a pas un sac pour les livres... Souvent, les parents fournissent un cartable quand ils envoient un enfant à l’école payante. Le nombre élevé de filles dans les écoles publiques libres est parfois attribué au fait que leurs frères vont souvent à l’école privée. Les filles ont plus de difficultés que les garçons au Népal, non seulement dans l’éducation. CEPP s’ engage donc aussi à l’émancipation des femmes.


Les enfants aiment venir à l’école



Même les plus petits veulent venir avec leurs amis ou leurs frères et sœurs. L’école est différente de la vie à la maison, et ils aiment apprendre. Les enfants dans les écoles publiques dans les régions rurales du Népal apportent rarement de quoi manger. Ainsi, dans l’après-midi ils sont fatigués et faibles et incapables d’absorber les leçons. CEPP encourage les parents à leur donner de la nourriture, de sorte que les enseignants peuvent leur offrir de la “nourriture pour la pensée".


Bagmati higher Secondary School, Raigaon



L’uniforme scolaire du Népal est adapté aux circonstances dans cette école du gouvernement: sous le maillot bleu clair la jupe bleu foncé, les filles portent des pantalons longs. L’uniforme est ainsi plus proche de leurs vêtements réguliers, et leur donne une plus grande liberté de mouvement.
Le matin, les écoliers népalais viennent ensemble sur les terrains de l’école, chantent l’hymne national et font de la gymnastique (‘school drill’). Seulement alors ils vont dans les classes.


Une salle de classe ordinaire



Les classes dans les zones rurales sont souvent peu axées sur l’enfant: le sol est poussiéreux, il n’y a pas de matériel pédagogique, il y a peu de lumière, pendant la mousson, les enfants entendent à peine l’enseignant parce que la pluie claque si fort contre le toit en métal.


Une salle de classe ‘modèle’



Dans chacune des écoles de la région, CEPP crée une salle de classe ‘modèle’, équipée avec la collaboration des enseignants, de volontaires népalais et étrangers ayant de l’expérience dans l’enseignement, et de stagiaires des écoles normales flamandes. Il y aura un plancher de sorte que les enfants des classes inférieures puissent s’asseoir sur des coussins sur le sol, et ne doivent plus inhaler de la poussière. Les murs sont aménagés. Lors de leurs visites, les membres de l’équipe CEPP passent la nuit dans ces classes.


Une éducation de qualité



La qualité des leçons s’améliore progressivement. Les écoles népalaises font usage principalement de l’enseignement par cœur: l’enseignant parle, les étudiants répètent. Les enfants apprennent l’anglais en copiant le manuel, sans comprendre ou être en mesure de lire le texte..


Une corde à sauter



Les écoles népalaises n’attachent guère d’importance aux jeux.
CEPP encourage les enfants à jouer. En effet, l’expérience montre que les enfants peuvent alors accorder plus d’attention aux leçons.


Courir sous la pluie…



Quand un violent orage éclate, les enfants courent à la salle de classe.

Quand la pluie tombe trop dru...



les enfants se précipitent à la maison même s’il n’est que midi. S’ils attendent ils ne pourront plus traverser la rivière.
Un enseignant les accompagne pour évaluer si le franchissement est sûr.
Ce n’est que le soir que la pluie sera moins sévère. Alors seulement le niveau de l’eau de la rivière baissera.

Se détendre dans la fraîcheur du soir



Les enseignants dans cette région viennent souvent du Terai, les plaines du sud. Ils ne peuvent pas rentrer à la maison la nuit, c’est trop loin. Souvent, ils disent: «Il n’y a rien à faire ici», et ils se lassent. La préparation de leçons est un défi dans la plupart des écoles. CEPP s’engage à motiver ces enseignants et à apprécier tous leurs efforts.

Teaching teachers



Un enseignant à la retraite, fondateur d’une ONG locale avec qui CEPP travaille en étroite collaboration, soutient une école pour réaliser le School Improvement Plan, plan obligatoire du gouvernement (Plan SIP pour améliorer les écoles). Dans la pratique, de nombreuses écoles copient les “plans” d’autres écoles en raison du manque de compétences ou d’intérêt. Dans cet exemple, les enseignants reçoivent une formation supplémentaire sur «comment gagner la confiance des parents”.

Encore plus de formation…



Le 25 Juin, CEPP a organisé une journée de formation pour les enseignants, en collaboration avec ‘Teachers Can Make a Difference’. On montre des ‘good practices’, pratiques précieuses appliquées dans les écoles dans le même district scolaire ou dans un district à proximité. Les films sont discutés, les enseignants posent des questions aux spécialistes invités et discutent entre eux. CEPP ne fonctionne pas seulement au niveau local mais cherche aussi des partenariats et veut influencer la politique de l’éducation.
‘Teachers Can Make a Difference’ est un effort conjoint du Ministère de l’Education, du Bureau d’éducation du district (dans ce cas Rautahat district), de CEPP ; la coordination étant réglée par la Suryodaya Education Foundation.

Formation pour les parents



Des employés CEPP offrent une formation aux Mother Groups sur le rôle des SMC. Les SMC sont les School Management Committees, Comités de gestion scolaire, une sorte de comités de parents. Non seulement les parents en font partie, mais aussi les enseignants et les directeurs des écoles locales. CEPP attache une grande importance au rôle des parents, et veut organiser et renforcer les Mother Groups. Les mères ont un impact important sur l’amélioration de l’éducation.

Est-ce qu’ils viendront à l’école demain?



Certains enfants ne vont pas à l’école, les parents ont besoin d’eux à la maison. Si les enfants ne travaillent pas aux champs, leur famille va perdre trop de revenus. L’éducation n’est pas adaptée aux besoins de la population. Les écoles devront tenir compte des conditions locales pour être en mesure d’offrir une éducation à ces enfants. Seuls l’argent et l’infrastructure ne pourront pas résoudre les problèmes d’éducation du Népal.


La devise de CEPP est ‘Education is a Light’.


Ce slogan devient une réalité pour les écoles dans cette région quand les parents comprennent l’importance de l’éducation, quand les enseignants sont enthousiastes et si la politique est consciente de la réalité de la campagne népalaise.



Vous pouvez aider à développer ce projet en apportant une contribution sur Bikas BE32 2200 7878 0002 avec les mots “Amis de Paul et Carine".

Nous vous remercions de tout cœur !
Paul Beké et Carine Verleye